Avis de Xirong : "Si l’abeille venait à disparaître l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre (phrase apocryphe attribuée à Albert Einstein)"
Cette BD est sous-titrée Anatomie d’une crise écologique. Elle illustre l'impact dévastateur des activités humaines sur ces insectes indispensables: les pesticides empoisonnent les fleurs, le développement de l'urbanisation réduit leur habitat et enfin le dérèglement climatique perturbe les cycles de floraison.
Le professeur et docteur Martin Giurfa, directeur de l’Institut de biologie de Paris, assure la préface. Il entend défendre les abeilles mais pas la langue française puisqu’il nous donne tous ses titres en anglais. Il est lui-même un personnage de cette BD.
On ouvre le récit sur la mort des abeilles d’un apiculteur en pleine page et en face on a des humais déguisés en abeille qui semblent décédés eux-aussi. C’est Jean-Paul Viellard, actuellement apiculteur dans le Poitou, qui sert de guide au début de ce récit.
Suit une histoire des abeilles dont on garde la trace depuis 100 millions d’années avant Jésus-Christ. Elles ont donc survécu à l’extinction des dinosaures. L’abeille est vénérée dans l’Égypte antique, chez les Hébreux le miel est associé à la richesse d’une région et le christianisme se fait un grand consommateur de cire d’abeille pour les cierges des églises. Diverses informations sont fournies, en traversant les âges, notamment sur les qualités des ruches.
Tout au long de l’histoire, on rencontre des personnages ayant étudié l’univers des abeilles comme Lorenzo Langstroth ou Charles Dadant. Ce dernier, né en 1817 dans un village de Haute-Marne, émigre en 1863 aux USA et est considéré comme l'un des fondateurs de l'apiculture moderne. Il y a aussi Martin Giurfa connu pour les capacités cognitives des abeilles. Celui-ci nous fait connaître l’éthologue autrichien Karl von Frisch et le physiocrate François Quesnay. On termine le premier chapitre en parlant de la Politique agricole commune (PAC) qui, à partir des années 1950, impose une agriculture très mécanisée.
Le second chapitre débute avec comme informatrice l’apicultrice Béatrice Robrolle-Mary qui nous raconte que nombre d’agriculteurs avait une action d’apiculteur en appoint jusque dans les Trente glorieuses. C’est à la fin de cette époque que les abeilles connaissent une hécatombe empoisonnées en butinant les fleurs. On poursuit sur les raisons de ces disparitions : semences enrobées de gaucho, arrivée d’Asie du sud-est du varroa, un acarien qui perfore la membrane abdominale de notre insecte, l’affaiblissant grandement. On évoque ensuite les chercheurs tentant de résoudre le problème de la diminution du nombre d’abeilles.
Le troisième et dernier chapitre évoque le devenir de l’abeille noire et notamment le sanctuaire de l’île de Groix qui lui est destiné. Des solutions existent mais renvoient à différentes dimensions écologiques. L’ensemble du contenu de cet album a une légère dimension encyclopédique car de très nombreuses pistes de connaissances sont ouvertes là.
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