Avis de Benjamin : "La laïcité de bouclier à glaive"
Caroline Fourest rappelle que la laïcité n’a pas pour objectif la disparition des religions de la société mais promeut la neutralité de l’État. Ce dernier garantit la liberté de croire, de ne pas croire ou de changer de religion pour tout individu.
La conception de Caroline Fourest est fondée sur :
- la liberté de conscience ;
- la séparation des Églises et de l’État ;
- l’égalité des citoyens ;
- la protection de l’école publique ;
- la lutte contre les intégrismes religieux.
L’auteure distingue trois courants de pensée dans la laïcité française :
- La laïcité républicaine, issue de la loi de 1905, qui cherche un équilibre entre liberté religieuse et neutralité de l’État. C’est celle qu’elle croit défendre.
- La conception multiculturaliste ou anglo-saxonne, qu’elle considère comme trop favorable aux accommodements religieux et susceptible, et, selon elle, laissera progresser les intégrismes.
- La conception identitaire, qui invoque la laïcité pour défendre une identité chrétienne ou nationale et pour cibler particulièrement les musulmans.
Cependant Caroline Fourest pense que la défense de la laïcité passe en priorité par la lutte contre l’intégrisme islamiste. Dans cette idée, elle écrit qu’ « un pays qui oublie de fortifier sa citoyenneté au nom de la liberté peut favoriser la tyrannie individuelle ».
L’auteure dénonce les positions de la Ligue de l’enseignement et de l’Observatoire de la laïcité en leur faisant dire des choses visant à les discréditer. Elle s’autorise à traiter d’idiot utile, de mal informé et de naïf, une dizaine de chercheurs dont Pascal Boniface. Ces derniers ont une rigueur scientifique dans la recherche des faits et dans leur interprétation totalement étrangère au discours de Caroline Fourest.
Elle tient là un réquisitoire au mieux réducteur et au pire altéré. Si Caroline Fourest défend fermement le modèle républicain français, par contre elle lance des anathèmes contre une partie du camp laïque qu’elle a contribué à diviser.
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