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Ce ministère ne sert à rien

Ce ministère ne sert à rien
Le Lys bleu234 pages
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Avis de Jean-Charles : "Un titre ironique défendant l'utilité du ministère de la Jeunesse et des Sports"

Michel Héluwaert a mené une carrière d’enseignant dans le primaire puis le secondaire, avant de devenir inspecteur du ministère Jeunesse et sports. Au milieu des années cinquante, militant des A   uberges de jeunesse, il avait œuvré à la création d’une fédération unique des Auberges de jeunesse.  Pour écrire cet ouvrage, il s’est appuyé sur sa thèse Jeunesse & sports (1936-1986) : Un service d’état du militantisme à la gestion : contribution à l’étude du fait administratif.  

En ce 90e anniversaire de la victoire du Front populaire, il est intéressant de mettre en valeur la création en juin 1936 d’un sous-secrétariat à l'Organisation des Loisirs et aux Sports avec pour titulaire Léo Lagrange (avocat socialiste et député du Nord). En effet à partir de 1921, ne se sont succédés que des sous-secrétaires d’État chargés de l'éducation physique avec parfois conjointement avec une autre charge comme celle des Beaux-Arts.

Composé d’une quinzaine de chapitres, l’ouvrage commence par revenir aux sources des mouvements de jeunesse souvent issus des religions. Le scoutisme, d’origine anglo-saxonne est rejeté dans un premier temps par l’Église catholique jusqu’en 1920. Les laïques sont dans la Ligue de l’enseignement et les mouvements politiques de gauche créent leur propre organisation. Le sport scolaire et universitaire apparaît dès la fin du XIXe siècle. Malgré une baisse de natalité, due à l’hécatombe de la Grande Guerre, les années 1930 voient une floraison d’associations de jeunesse (sportives ou d’éducation populaire).

Un chapitre entier est consacré aux actions pilotées par Léo Lagrange, ses ambitions étant freinées par l’hostilité du Sénat à l’égard de son ministère. La première formation, intitulée alors "surveillant de colonie scolaire" est organisée par les futurs CEMEA en 1937 à Beaurecueil en Provence (au nord-est de  Marseille). Deux ans plus tard naît le premier stage de formation de directeurs de colonies de vacances. Un brevet sportif populaire est mis en place. Les fédérations sportives se consolident, notamment celle de basket née en 1932 car jusqu’à cette date ce sport était pratiqué dans le cadre de la Fédération française d’athlétisme. Des offices municipaux des sports apparaissent dans quelques villes dont Le Blanc-Mesnil, Le Havre et Brest) ;

Entre 1940 et 1944, le régime de Vichy entend relancer la pratique sportive avec des jeunes sous-nourris. Aujourd’hui, dans certaines villes du sud, la fête du stade, crée durant cette période, s’est maintenue. En plus des propres actions à l’initiative du gouvernement (dont les chantiers de jeunesse), les autorités appuient les activités liées à un mouvement religieux (et en particulier le scoutisme catholique), la Ligue de l’enseignement d’abord tolérée est dissoute. Des écoles de cadre pour mouvements de jeunesse voient le jour.

Jean Borotra, tennisman célèbre des Années folles, devient, de la mi-juillet 1940 à mars 1942,  secrétaire général au sport et à l'éducation physique auprès du ministre chargé de la famille et de la santé publique. Très actif, on lui doit notamment la création d’un Brevet sportif national. De son fait, l’État crée des structures pérennes et un corps d'inspection qui survivront à la Libération. Fait exceptionnel, Michel Héluwaert s’attache à faire connaître les initiatives, prises à partir de l’été 1943 (les Alliés n’ont débarqué qu’en novembre 1942 et le pouvoir de Giraud était bien chancelant) à Alger par la France libre.

Nous laisserons nos lecteurs découvrir par eux-mêmes, les trois-cinquième restant de cet ouvrage. Il est à retenir que l’auteur distingue à partir de 1944, une époque du militantisme, suivie par un tournant gaulliste de 1958 à 1970 où la modernisation est particulièrement caractérisée par une très grande attention envers le sport de haut niveau et une progressive technocratisation puis par une période de normalisation gestionnaire influencée par les lois de décentralisation et marquée par une crise d’identité.

Michel Héluwaert dénonce par ailleurs une certaine impuissance administrative de ce ministère face aux diktats budgétaires, une bureaucratie stérile, une absence de compréhension des besoins de la part des dirigeants, une méconnaissance de l’avis des cadres techniques du ministère.

Michel Héluwaert souhaite des personnes qui seraient des opérateurs de reliance qui appuieraient les associations à but non lucratif de créer et développer des communautés du bien vivre ensemble (page 230).

idé cadeau

Pour connaisseurs Aucune illustration

Note globale :

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