Avis de Xirong : "Sous l’empire de l’alcool, le cocher offre la possibilité d’un empire à Bonaparte"
Dans l’introduction, l’auteur expose notamment que si les gardes du corps du président Lincoln et du président Kennedy n’avaient pas, dans le premier cas quitté leur poste pour aller boire et dans le second cas passé une soirée très arrosée qui leur fit perdre leurs réflexes, ces deux présidents américains n’auraient pas été assassinés le jour en question. Par contre le Premier consul échappa à l’attentat de la rue Saint-Nicaise car son cocher ivre conduisait à brise abattue.
Cet ouvrage est composé de quinze chapitres divisés en quatre parties. Celles-ci se nomment respectivement : Sous l’empire d’un état alcoolique, Cinquante nuances d’ivresse, La grande histoire dans une bouteille, Les ivresses des Anciens. Pour chaque chapitre, nous n’évoquerons que quelques-uns des personnes présentées.
Le premier chapitre se nomme "Trois ivresses de notre temps", on y rappelle notamment que le chauffeur de la princesse Diana avait un taux d’alcoolémie de 1,75 g le jour de l’accident au pont de l’Alma et que la marée noire en Alaska de l’année 1989 est due à l’alcoolisme du commandant du Exxon Valdez.
Le second a pour titre "Ivresse ou alcoolisme ?", il aborde les caractéristiques de l’ivresse, la tolérance variable à l’alcool et la dépendance à ce dernier. Le troisième évoque quelques buveurs d’exception dont Socrate, Hemingway et Scott Fitzgerald. Pierre Mendès France, qui fit la promotion du verre de lait et du jus de pomme distribué gratuitement dans les écoles, buvait peu d’alcool mais était persuadé que l’alcool réchauffait.
Le quatrième chapitre évoque l’alcoolisme singulièrement de Boris Eltsine et de divers Russes ayant eu des responsabilités politiques depuis Ivan le Terrible. Il est question évidemment de Staline en précisant qu’il forçait à boire des diplomates ou chefs d’État étrangers pour les amener à son point de vue.
Plusieurs noms d’artistes américains et français sont cités dans le cinquième chapitre. Dans le chapitre suivant est évoqué Jules Durand un anarchiste normand buveur d’eau injustement condamné à mort mais heureusement gracié. Il fut dit que « mieux valait des ouvriers alcooliques que des anarchistes buveurs d'eau en vie ».
La consommation d’alcool est donnée comme cause de diverses violences et les conséquences de la présence d’alcool dans le sang de femmes enceintes trouvent leur place dans le septième chapitre comme la question des consommations festives. Le chapitre suivant "Paradoxes de l’ivresse" parle d’ivresses records à 9,8 g ou 9,76 g par litre, le premier champion est polonais et le second français. Marguerite Duras trouve là sa place aux côtés de Joseph Roth, Pierre Brasseur, Serge Reggiani, Ringo Star et Keith Moon. Plusieurs sportifs sont évoqués mais certains d’entre eux mélangèrent autre chose avec l’alcool. D’autres ivresses festives sont racontées dans le chapitre neuf, en particulier celles qui suivirent l’annonce de la capitulation de Japon à l’été 1945.
Le dixième chapitre délivre un discours de regret sur le peu de chercheurs s’étant penchés sur la consommation d’alcool, on y donne toutefois une dizaine de noms, ce sont essentiellement des historiens.
On montre au onzième chapitre que communards et versaillais s’accusent mutuellement d’ébriété ; on cite par ailleurs trois extraits de L’Éducation sentimentale de Flaubert autour de l’ivresse de certains révolutionnaires de 1848. On va trouver des textes où l’alcool coule à flot de Balzac, Hugo et Dumas autour d’émeutes parisiennes diverses ainsi que du coup d’État de Napoléon. Des discussions au cabaret ont pris des allures de préparation à la sédition.
Le douzième chapitre s’intéresse aux causes et conséquences de la consommation d’alcool lors de conflit en Europe durant une période allant du XIIe siècle à ces dernières années (en passant par exemple par les Guerres de Vendée). Des textes d’écrivains servent à illustrer les usages de l’alcool pour négocier avec les chefs africains dans le cadre du commerce triangulaire ou pour soumettre les Amérindiens.
Le treizième chapitre s’intéresse à des rencontres diplomatiques marquées par des beuveries. Le quatorzième chapitre met en scène des chefs d’État (comme Churchill ou Louis XVI) mais aussi des militaires (tels Lasalle, Cambronne ou le Prince Noir). Le dernier chapitre traite de personnages épiques de l’Antiquité comme Gilgamesh ou bibliques.
Les faits liés au naufrage de la Méduse nourrissent l’épilogue. En guise de conclusion de l’ensemble de son ouvrage, Michel Craplet écrit que « Les évènements ne sont pas provoqués par l’alcool, mais la consommation d’alcool les modifie toujours, encore plus lorsque le buveur a atteint le stade de l’ivresse » (page 239). Certains auraient aimé un index des noms de personne.
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