Ecrire un avis

Les généraux français et le Maroc: De la pacification à l’administration

Les généraux français et le Maroc: De la pacification à l’administration
L’Harmattan201 pages
1 critique de lecteur

Avis de Adam Craponne : "Une pénétration française au Maroc pacifique sur le papier"

L’auteur informe que le premier conflit entre Français et Marocains remonte à 1844, il est en lien avec la protection que l’émir Abdelkader trouve dans l'espace chérifien. On nous dit que le général Bugeaud pénètre de 10 km dans le territoire marocain. Cependant ce qui manque à ce propos c’est une carte de géographie historique nous montrant le grignotage par la France, au profit de diverses de ses colonies d’espaces relevant, à des degrés divers, du sultan chérifien. Lyautey étant le dernier acteur en la matière en effet peu d’années avant de devenir l’instrument d’une pacification du Maroc, il a permis une avancée algérienne vers Colomb-Béchar en 1903.  De plus ultérieurement nous aurions eu besoin d’une carte géographique avec le relief et les villes ou régions citées. Faute de quoi, il est difficile de suivre les développements, au contenu demeurant fort intéressant, de l’ouvrage.

Le général d’Amade entre en 1906 dans un Maroc aux prises avec une situation où deux personnages se disputent le titre de souverain. Moulad Abdellaziz voit son rôle contesté par Moulay Abdelhafid. Ce dernier triomphe mais demande sa protection à la France lorsque le cheik Ma el Aïnin s’autoproclame sultan en 1909, aussi le général Moinier intervient-il. Battu le cheik se retire dans des régions peu accessibles de la Mauritanie, d’où lui et sa parenté mèneront un harcèlement des troupes française jusqu’en 1933.

Influencé par les idées développées par le général Galieni, Lyautey va élaborer  une stratégie polémologie et politique visant à un autre développement économique favorisant les colons mais ruisselant vers les populations soumises. Il pratique également une action visant à montrer de la considérations pour les notables locaux.   

Si la liste des généraux français intervenant au Maroc est si longue, c’est que l’occupation française est farouche. Parmi eux au début Maurice Baumgarten, Henry Poeymirau, Freydenberg ou Antoine Huré. Le général Aldebert de Chambrun, le général Colombet, le général Daugan, le général Boichut, le général Ernest-Émilen Pruneau, le maréchal Pétain et d’autres font face à la révolte des Rifains, conduite par Abd el Krim. L’aviation joue por la première fois un rôle capital dans une guerre coloniale. Le général Catroux se targue s’avoir finalement clôt la période la pacification.

En 1936, le résident général est Charles Noguès qui fut notamment chef du cabinet militaire de Freydenberg et servit activement lors de la guerre du Rif. Il fait face aux conséquences d’une terrible sécheresse qui entraîne une forte immigration de certaines campagnes vers les villes. Une opposition politique marocaine se développe, elle est exacerbée par certains évènements comme le fait que la ville de Meknès se retrouve très largement privé d’eau, en septembre 1937 du fait du détournement d’eaux de l’oued au profit de quelques exploitations agricoles de colons. Les chefs nationalistes sont exilés pour une part. Il prend des mesures ayant des conséquences sociales et il développe notamment l’instruction publique. Il demande aux troupes de réister face au débarquement anglo-américain mais Darlan l’acceptant il ordonne le quatrième jour de déposer les armes. Ce court laps de temps en freinant la progression des Alliés a favorisé la prise en main de la Tunisie par les Anglais et Italiens.        

Juin a été chef du cabinet militaire de Noguès, il est Résident général de 1947 à 1951, menant une politique autoritaire, rompant avec l’esprit de son prédécesseur le diplomate Érik Labonne. Il fait dénigrer le sultan et s’appuie sur chérir el-Kittani au sud  et El Glaoui le pacha de Marrakech. Le général Augustin Guillaume prend la suite, il a notamment participé à la Guerre du Rif. L’opposition nationaliste se radicalise et procède même parfois à la violence armée. Il détrône le sultan, les attentats se multiplient en conséquence.

Gilbert Grandval est aussi un miliitaire à l’origine mais n’est pas général, il envisage le retour triomphal de Mohammed ben Youssef qui a lieu le 16 novembre 1955, après son départ. Le dernier général à être résident principal au Maroc est Pierre Boyer de Latour du Moulin. Il a épousé une Marocaine, il a en particulier commandé le 2e Tabor des goumiers marocains. Il passe de résident général en Tunisie à celui de résident général au Maroc. Il remet sur le trône le sultan Moulay Mohammed qui devient le roi Mohammed V lors de l’indépendance en 1956.

Ainsi pour le Maroc s’est imposée la figure du militaire et plus particulièrement du général comme résident général, le fait que le peuple ait été très majoritairement hostile à l’influence française a dû jouer dans ces choix. Ce n’est pas le cas pour l’autre protectorat, celui de la Tunisie où les civils sont très majoritairement au poste de résident général.  

Pour connaisseurs Aucune illustration

Adam Craponne

Note globale :

Par - 773 avis déposés - lecteur régulier

Connectez-vous pour laisser un commentaire
Vous aussi, participez en commentant vos lectures historiques facilement et gratuitement !

Livres liés

> Voir notre sélection de livres sur Le Maroc .

> Dans la catégorie Histoire transversale :