Avis de Ernest : "Un petit musée portatif"
L’auteure explique que c’est avec le quinzième siècle que le portait a évolué tant dans la forme que dans l’objectif. Jusque là le portrait obéissait à des conventions iconographiques et ne concernait que des scènes relevant du christianisme proposant plusieurs personnages. Il y a une évolution dans la mesure où la figure représentée se laïcise progressivement, s’individualise, est le rendu d’un modèle, a des angles de vue diversifiés, s’appuie sur des techniques nouvelles et utilise des moyens inédits comme l’usage de la perspective. Ceci explique pourquoi Laurence F. Daigneau a choisi de commencer son étude par des œuvres postérieures à 1400.
Dans un souci didactique, Laurence F. Daigneau présente les dix courants artistiques qui se succèdent pour la période décrite : le Gothique, la Renaissance, le Baroque, le Classicisme, le Roccoco, le Néo-Classicisme,le Romantisme, l’Orientalisme, le Préraphaélisme, le Réalisme.
Par une moyenne d’une petite dizaine de pages, l’auteure aborde des sujets variés : Le portrait pluriel (dans le sens du thème du portrait), Le portrait au cœur du mythe fondateur de l’invention du dessin, Paraître ou ne pas paraître : Narcisse perdit la face, La figure, Quand le profil se profile, La palette, Pigments : naissances multiples, La face obscure des pigments, Un outil du peintre signé Conté, Outils secs du peintre du peintre du XVe au XIXe : contribution à l’histoire matérielle des pratiques d’atelier …
Dans ce dernier point, comme dans d’autres, Laurence F. Daigneau évoque l’art japonais. Russie et pays d’Amérique sont aussi présents à travers certaines productions.
Au milieu de l’ouvrage il est rappelé l’histoire du Salon de Paris créé en 1667 par l’Académie royale de peinture et de culture puis le Salon des Refusés dont l’origine est due à une protestation Charles Baudelaire en tant que critique d’art.
Les faussaires trouvent également leur place en particulier par une focalisation sur des tableaux attribués à Vermeer et réalisés par Han van Meegeren. La gente féminine est notamment évoquée à travers Sofonisba Anguilossa, une artiste peintre italienne maniériste née à Crémone vers 1532 et morte à Palerme en 1625 mais aussi Lavinia Fontana née à Bologne le 24 août 1552 et morte à Rome le 11 août 1614. Des peintres atypiques, mais assez connus, tel Giuseppe Arcimboldo sont présents. L’ouvrage se clôt en parlant d’illusions optiques dans des œuvres.
Les tableaux sont présentés au crayonné et des QR codes renvoient aux reproductions officielles des œuvres. Ce livre peut être commandé en allant à l’adresse https://sites.google.com/view/laurencefdaigneau
coup de coeur !Pour connaisseurs Beaucoup d'illustrations