Avis de Adam Craponne : "Des jours de gloire successifs mais parfois ternis par une dimension significative"
2026 est une date importante de l’Affaire Dreyfus, et Vincent Duclert va nous l’expliquer après avoir rapporté certains faits. Ce dernier avait donné, il y a 20 ans, une biographie du capitaine Dreyfus, intitulée Alfred Dreyfus: l’honneur d’un patriote. Sur proposition du président du conseil Waldeck-Rousseau, le président Émile Loubet gracie Alfred Dreyfus le 19 novembre 1899. Cependant ce n’est que sept ans plus tard qu’il est reconnu innocent.
Deux ans plus tard Louis Grégori, lors de la cérémonie du transfert des cendres d’Émile Zola au Panthéon, tente d’assassiner Dreyfus. Louis Grégori est un journaliste antisémite proche de Drumont qu’il connaît depuis le lycée. Son geste, assimilé à un crime passionnel, lui vaut un acquittement.
Alfred Dreyfus décède le 12 juillet 1935, vingt-neuf ans jour pour jour, après son acquittement. On suit, dans la première partie de notre ouvrage, le parcours judiciaire de ce dernier.
En 1899, lors de l’inauguration de la statue, place de la Nation, représentant le triomphe de la République, fut scandé « Vive Dreyfus ! ». Si notre officier prend une retraite anticipée fin 1907, il reprend du service durant toute la durée de la Grande Guerre.
Nombre de partisans du gouvernement de Vichy ont vécu la réhabilitation de Dreyfus comme une défaite. Jean Zay, condamné par un tribunal militaire, certains pétainistes agissent pour l’envoyer au bagne, sur l’île du Diable. Seule la maîtrise de la mer Atlantique par le Royaume-Uni l’empêche. Maurras, condamné à la Libération, s’écrie : « c’est la vengance de Dreyfus ! ».
Vincent Duclert nous conte les malheurs de la famille élargie du capitaine, durant l’Occupation. Il insiste sur le destin de Madeleine Lévy, une des petites-fille d’Alfred. Assistante sociale, elle devient résistante, prenant notamment en charge le transfert de familles juives en Espagne, alors qu’elle réside à Toulouse. Elle meurt en 1943 à son arrivée à Auschwitch. L’auteur nous informe que 47 assistantes sociales furent reconnues comme résistantes, on comptait deux d’entre elles comme d’origine juive. Fin janvier 2026, a été dévoilé une plaque mémorielle à l’endroit où elle résida dans la ville rose.
Jack Lang (de père juif lorrain et ayant une épouse d’origine juive polonaise), en tant que ministre de la Culture, commanda une statue en hommage au capitaine. Hernu, le ministre de la Défense (au passé trouble sous l’Occupation) refusa qu’elle fut placée à l’École militaire et le président François Mitterrand (grand admirateur de Barrès qui fut antidreyfusard) le soutint dans cette décision. Cette statue erra de la cour du Louvre à l’angle du boulevard Raspail et la rue Notre-Dame-des Champs. Le 12 juillet 2026, elle trouve une résience, près de la place Dauphine, juste en face de la Cour de cassation.
En 2006, Dreyfus était entré au Panthéon, à l’initiative de Jacques Chirac. Le capitaine Dreyfus revient dans l’actualité fin 2025 car est enfin pris en compte son temps de détention dans ses années de service. En conséquence il se voit nommé général de brigade. Peu avant le président Macron avait décidé d’une Journée de commémoration nationale pour Alfred Dreyfus, la victoire de la justice et l’antisémitisme.
À la fin de cet ouvrage, nous trouvons notamment le texte d’une pièce de théâtre nommée Si tu veux que je vive. Lucie et Alfred Dreyfus. Elle est librement inspirée de divers documents historiques. Sont également proposées une chronologie des suites de l’Affaire courant de 1906 à 2026 et deux lettres qui sont des échanges entre Émile Zola et l’épouse du capitaine dans un cas et dans l’autre entre l’épouse de l’écrivain et Alfred Dreyfus.
Pour connaisseurs Peu d'illustrations