Avis de Adam Craponne : "En vérité, le maréchal Lyautey n’a pas fini de servir la France (général de Gaulle)"
Le titre ouvre sur une carte géographique présentant les principales villes du pays. On a bien aimé une seconde carte mettant en évidence les espaces que se partagèrent la France et le Maroc et la progressive occupation du territoire marocain par les troupes françaises.
Le premier chapitre se nomme "Le Maroc à la fin du XIXe siècle, objet de toutes les convoitises". Dès la fin du XIXe siècle, l’autorité du sultan s’affaiblit de façon plus significative. Le titre religieux de ce dernier n’est pas suffisant pour pouvoir imposer la gestion du temporel et il doit envoyer régulièrement des mehallas (colonnes de soldats) dans diverses parties du pays. Ainsi dans le Rif, Raissouli un chérif devenu chef de bande crée une insécurité qui se maintiendra jusqu’au milieu des années 1920. De plus comme auparavant la Tunisie et simultanément la Turquie le Maroc a contracté des emprunts avec des firmes européennes et n’arrive pas à les honorer. Entre une Algérie sous la coupe de la France et le Maroc, la frontière est fluctuante. Lyautey joue d’ailleurs un rôle important dans le grignotage d’espaces que Paris avait reconnu dans un premier temps marocains. C’est la politique de la tâche d’huile. Berlin tente de s’opposer à ces efforts de pénétration, se disant vouloir défendre l’indépendance du Maroc.
Le second chapitre est consacré à la mise en place du protectorat, marquée par la convention d’Algésiras en 1909. Entre 1907 et 1908, le sultan Moulay Abd el-Aziz fait face à la contestation de son demi-frère Moulay Hafid. Ce dernier devient sultan entre1908 et 1912. Abdelhafid ben Hassan succède à ce dernier mais assiégé dans Fès par des révoltés, il fait appel à l’armée française et signe le 30 mars 1912 un traité qui institutionnalise le protectorat français sur une large part du pays. Il démissionne peu après et c’est Moulay Youssef qui lui succède. Lyautey devient résident général et entend moderniser le pays. La pacification, menée par des chefs au destin prometteur, se fait non sans grande difficulté.
Le troisième chapitre évoque la situation tendue du protectorat durant la Première Guerre mondiale, certains postes sont évacués par l’armée française. Plus de 24 000 soldats marocains partent combattre en Europe et 30 000 Marocains travaillent dans les usines. Le quatrième chapitre décrit, dans premier temps, un Maroc gouverné avec éclat par Lyautey entre 1919 et 1923. On passe ensuite aux évènements liés à la guerre du Rif. La révolte, née dans l’espace attribuée aux Espagnols, s’étend en effet côté français. Lyautey la contient sans pouvoir la briser et c’est Pétain qui le remplace ; celui-ci utilisera tout un armement moderne et avec en particulier un appel à l’aviation.
Le dernier chapitre est intitulé "La fin de la pacification et le lent assouplissement d’une ambition". La légion étrangère joue un rôle primordial dans le maintien de l’ordre colonial et on compte en particulier dans ses rangs un nombre conséquent d’anciens combattants russes des armées blanches. La promulgation en 1930 du Dahir berbère diminue les pouvoirs du sultan et des juges de celui-ci. Dans sa conclusion, Rémy Porte souligne à quel point l’armée au Maroc ont travaillé à l’amélioration des voies de communication. Dans leur préface au livre Notre protectorat marocain, publié en 1930, les frères Tharaud écrivent ceci : « J’ai vu les pistes et les routes s’allonger dans le bled, des villes naître, des ports s’organiser. Cela, sur le papier, c’est vite dit : cela s’écrit sur une ligne, cela se lit d’un seul regard. Mais sur le terrain, quel histoire ! Quelle volonté, quelle énergie, quelle imagination ! Quelle dépense de forces cela représente ! ». La colonisation a largement contribué également à la construction d’un esprit national assez inexistant durant la Belle Époque. Une biographie de Lyautey suit et couvre trois pages.
Pour connaisseurs Peu d'illustrations