Avis de Adam Craponne : "Face à ce mastodonte sans précédent, les Grecs sont apparus peu nombreux et désespérément divisés"
Cet ouvrage est paru initialement en 2005, sous le titre de Persian Fire: The First World Empire and the Battle for the West. Il est d’ailleurs sous-titré Le premier empire mondial et la conquête de l’ouest dans sa version française.
Au cinquième siècle avant J.-C., apparaît la première superpuissance. Il s’agit de la Perse, un état riche économiquement et fort peuplé. Tom Holland sait incontestablement faire passer un souffle haletant dans son récit, ont un rendu singulièrement palpitantes la charge de l'infanterie lourde athénienne à Marathon et la traversée des Dardanelles par l'armée perse. Notre auteur a été critiqué à la marge pour avoir apporté certains éléments anachroniques autour de la constitution en usage à Sparte.
Tom Holland s’appuie sur le contenu des neuf livres d'Hérodote, la tragédie d'Eschyle Les Perses, car le dramaturge avait combattu lors de la bataille navale décisive de Salamine. Tom Holland trouve également des informations dans les vies des principaux hommes d'État athéniens fournies par Plutarque. Il n’hésite pas à se référer aussi à des inscriptions rupestres relatant des conquêtes royales, en particulier celles notamment découvertes à Bisitun au Kurdistan.
L'Empire perse fut fondé par Cyrus le Grand au VIe siècle avant J.-C., et ses successeurs étendirent l'empire en Asie centrale et pour l’Europe en Thrace atteignant le Danube. L’Égypte est également conquise, Cambyse II, le fils de Cyrius, devenant pharaon tout en restant Grand Roi achéménide.
Du fait de leur expansion dans le nord-ouest, les Perses ne pouvaient que se heurter aux Grecs. La cause immédiate du conflit fut une révolte dans les cités grecques de la côte ionienne en 499 av. J.-C. Avec l'aide de renforts venus du continent, les rebelles grecs chassèrent leurs souverains autocratiques et incendièrent Sardes, capitale provinciale perse. La révolte fut réprimée, mais en 490, les Perses lancèrent une expédition punitive qui se solda par une défaite à Marathon. Dix ans plus tard, Xerxès, roi perse, lança une invasion coordonnée par terre et par mer. Les Grecs déployèrent leur armée et leur flotte sur des positions coordonnées aux Thermopyles et à Artémision. Les tempêtes et les combats infligèrent de lourdes pertes à la flotte perse, mais les forces retranchées aux Thermopyles furent prises à revers. Après trois jours de combats acharnés, l'arrière-garde de 300 Spartiates, commandée par leur roi Léonidas, fut anéantie. Sous la direction stratégique de Thémistocle, Athènes fut délibérément abandonnée aux Perses. Au lieu de cela, les Athéniens et leurs alliés provoquèrent une bataille navale dans le détroit de Salamine, où l'immense flotte perse et phénicienne ne put exploiter sa supériorité numérique. Xerxès se retira en Asie et, l'année suivante, son armée fut mise en déroute par les Spartiates. Ayant chassé les Perses du continent, les Grecs contre-attaquèrent.
Holland adhère à la théorie du choc des civilisations. En fait la Perse n'était pas une entité totalement étrangère au monde grec, car elle était profondément impliquée dans la politique des cités du continent. Nombre de Grecs passèrent au service des Perses. Thémistocle lui-même finit ses jours au service de ceux-ci et Xénophon nous conta l'expédition des Dix-mille au service de Cyrus le Jeune, expédition à laquelle il participa. Il est à relever que, pour les peuples sujets de Sparte, les hilotes, la domination perse put être perçue comme un espoir de liberté.
Finalement, avec Alexandre le Grand au siècle suivant, les Grecs emparèrent de l'empire perse. Ces victoires ont donné aux anciens Grecs un sentiment de supériorité sur les Orientaux. « Même Némésis se serait permis un sourire » (page 414). Dans cette version économique, il n’y a aucune carte de géographie historique ni illustrations, ce sera le seul point qui chagrinera le lecteur.
Pour connaisseurs Aucune illustration